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24.9.16

Mes symptômes de grossesse: flashback


J'ai souvent entendu dire des mamans autour de moi, qu'une fois l'accouchement passé, on oubliait la douleur ressentie à la seconde où le bébé était posé sur sa poitrine. Je me suis toujours dit qu'elles fabulaient ou qu'elles enjolivaient beaucoup le réél.

Maintenant qu'un gremlins est passé par mon entrejambe, je suis encore plus convaincue qu'elles racontent n'importe quoi. La douleur de mon accouchement m'est propre, elle est presque de l'ordre de l'indicible. J'en ai chié ma race!!! J'ai l'impression que mon corps a subi une implosion nucléaire pour donner la vie...Et j'écris ces lignes alors qu'on a passé le 1er trimestre de ma crevette! Si vous lisez ces lignes et que vous êtes enceinte, dites vous que vous aurez l'impression de subir des fractures à différents endroits du corps, puis qu'un camion d'une tonne essaiera de faire un créneau sur votre pubis pendant 15 min (les fameuses qui précèdent la délivrance).

Il me semble que cette fameuse douleur, certaines femmes la transcendent. Elles atteignent un état de sensation et d'émotions auquel elles se sont préparées (peut-être toutes leurs vies) qui les font planer. Parmi mes amies, j'ai une warrior qui a accouché naturellement sans péridurale par voie naturelle de 2 bambins de 3,8 et 4,2kg. Et bien elle a adoré accouché...Cas exceptionnel...Je pense que les mamans oublient...non pas immédiatement, mais au fil du temps...Pour la bonne et simple raison que s'occuper d'un nourrisson, ça prend du temps, de l'énergie, du temps de cerveau disponible, une présence physique et une présence d'esprit qui épuise, et qui fait oublier ..le superflu, en tout cas tout souvenir d’événement à très court terme.

Avant qu'une épaisse brume recouvre à jamais mes sentiments, sur la grossesse, j'ai envie de mettre par écrit les grands moments, ou petits instants de panique des 9 derniers mois. Il me semble ne pas avoir eu une grossesse "classique", et j'aurais bien voulu lire que ces choses étaient possibles:


  1. Un état de fatigue terrassant
Honnêtement le 1er trimestre est franchement le plus fatiguant. Il l'est d'une certaine manière plus que le dernier. Tout votre corps est mobilisé pour "construire" un petit être vivant...Pour ma part, je suis admirative de celles qui parviennent encore pendant cette période à faire du sport, ou à se lancer dans des voyages longue distance.

      2. Des nausées et vomissements jusqu'à 5 mois et demi, et un retour du 7 au 8e mois
Alors là, je ne m'attendais carrément pas à ce que cela soit si puissant. J'avais en horreur absolument toutes les odeurs, humaines, animales, synthétiques, nourriture. RIEN ne trouvait grâce à mes yeux. Mon supplice pendant cette période: prendre les transports en commun bondés le matin, devoir me rendre dans des toilettes à mon travail. Pour l'anecdote, j'arrivais à percevoir le matin, les odeurs de déo, cigarettes, voire cheveux fraîchement shampoinés d'inconnus plusieurs minutes avant qu'ils n'entrent dans mon champ de vision. Quant aux toilettes, il m'est arrivé de faire plusieurs étages d'un même batiment à la recherche de toilettes peu utilisé, avant de pouvoir les utiliser. Un jour, j'ai presque failli me jeter sur un bosquet...Pas pratique en plein mois de janvier...

      3. Un odorat surdéveloppé
Cela va de pair avec le point précédent. Comme tout m'insupportait, j'avais de très fréquent hauts le coeur..et j'ai du partir en quête d'odeurs le plus neutres possibles. Résultat des courses: faire 4 pharmacies pour trouver un shampoing sans odeur (le mien m'avait carrément fait vomir). Je suis reparti avec un bioderma Nodé A, shampoing apaisant cuir chevelu sensible...Il y a une très légère odeur, mais vraiment supportable. Inconvénient de taille: il assèche beaucoup le cheveu crépu

     4. Une perte d'appétit
Moins 2 ou 3 kilos le 1er trimestre...Pas terrible quand on est très angoissée, comme moi. On a l'impression permanente qu'on risque de perdre le bébé à chaque mouvement.

     5. Une pubalgie dès le 1er mois de grossesse
Dans les livres et en ligne, on nous dit que la pubalgie apparait dès le 6 ou 7 mois de grossesse. Moi c'est après même pas un mois. Je n'avais pas de ventre. C'était un peu incompréhensible. D'ailleurs mon médecin traitant (cette grosse c...sse) m'a prise pour une demeurée lorsque je l'ai consulté à ce propos.
Ce qui m'a sauvée: mon kiné avec lequel on faisait quelques exercices. Une pubalgie c'est vraiment la plaie. Vous ne pouvez pas marcher, soulever les jambes, vous habiller, enjamber un trottoir sans avoir mal. Je me souviens de soirées où j'ai du ramper pour aller aux toilettes, tellement c'était douloureux. Après une journée de travail, mon corps refusait d'obéir.
Et bien sûr enceinte, bah y a pas de traitement!

     6. Une tendinite de 2 Quervain aux 2 poignets dès le 4e mois
C'est arrivé une nuit. Pour ne repartir qe 8 semaine après l'accouchement. Cela pourrait faire doucement rigoler, mais ne pas pouvoir se déplacer, ni même s'habiller, se coiffer, se faire à manger, car on a l'impression que les cables à l'intérieur des mains vont lacher n'est pas spécialement drôle.
Mon compagnon a donc du tout assumer à la maison pendant de longs mois.

    7. Des brûlures au niveau des jambes dès le 1er trimestre
Syndrome des jambes sans repos...Problème de circulation veineuse. J'ai détesté les bas de contention, si peu glam...et en plus après l'accouchement, il faut continuer à les porter!!!

   8. Un gonflement dans les 3-4 dernières semaines
J'ai du prendre 4 kilos en 1 mois et demi sur la fin...Résultat des courses de très belles vergetures sur le ventre, les cuisses...Le pire ça a du être l'eau, la graisse, au niveau des pieds. Le jour de mon accouchement, j'avais l'impression d'avoir des baobas à la place des petons.

   9. Ne pas perdre les eaux, mais perdre en abondance du sang
La peur de ma vie, d'y passer ou de perdre mon bébé à 1 semaine du terme. Je ne souhaite ça à personne.

    10. Aimer une personne à la seconde où vous posez vos yeux sur elle
L'accouchement ça fout la trouille, et surtout vous n'aurez peut-être jamais aussi mal de toute votre vie. Cela se solde par des cicatrices à vie, un corps modifié pour toujours, et une vie chamboulée à jamais...En deux-trois poussées, vous accueillez sur terre, une nouvelle personne.
Cette personne, mon fils, je l'ai aimé en une fraction de seconde. Nos destins étaient celés. Et ça,, ça vaut toutes les peines du monde

14.7.16

Mon accouchement imparfait


Au début du mois de juin, j'ai finalement donné naissance à mon bébé miracle, mon petit X Men. Durant ma grossesse, j'ai écumé le web à la recherche d'informations en bonne parturiente. En tant que jeune nouvelle maman, on est la proie de différentes angoisses et envies de bien faire, de ne pas nuire au bébé jusqu'au fameux jour J.

 En ce qui me concerne, j'ai eu le malheur d'être en plus de cela confronté au spectre de la maladie rare, de l'éventualité de procéder à une IMG ou de devoir accompagner un enfant lourdement handicapé. Avec mon compagnon, on a fait le choix de la vie. Mais ce fameux jour de juin, j'ai quand même malheureusement aussi pensé à la mort.

En lieu et place de ressentir des contractions pendant de longues heures, et de perdre les eaux, je me suis retrouvée confrontée à une abondante perte de sang ( en fait des caillots). Vous avouerez que comme signal pour partir à la maternité, on a fait mieux. Une grande peur et une énorme vague de tristesse m'a immédiatement envahie. Je n'ai eu de cesse pendant les heures qui ont suivi de penser à la santé de mon bébé...Encore une fois, j'avais l'impression que jusqu'au bout cette grossesse allait partir en cacahuète.

A la maternité, nous avons avec mon compagnon rapidement été pris en charge. Rapide et urgent sont  les deux maîtres mots de cet épisode de nos vies si particulier. Dans la 1ere et la dernière demi heure, il a été question de césarienne. J'ai accouché en 4h, admission administrative incluse. A l'issue d'un monitoring pas franchement folichon, bien qu'ouverte à 2 doigts serrés, on m'a transférée directement en salle de naissance, en moins de 10min l’anesthésiste a été appelé pour me poser la péridurale. Cette dernière n'a pas bien fonctionné, il m'a fallu subir au moins 3 passages successifs du médecin. Après qu'on m'ait injecté de l'ocytocine, percé la poche des eaux, on m'a aidé à pousser pour faire sortir mon petit qui supportait mal les contractions. Épisiotomie et ventouse ont également été de la partie. J'ai poussé et soufflé avec toutes les forces dont mon corps était capable. Et...

Mon fils est arrivé.

Dans un souffle, j'ai pu très rapidement le tenir tout contre moi, la prunelle de mes yeux. Il ne ressemblait en rien à ce que j'avais imaginé. Peut-être tout simplement parce qu'à aucun moment je ne m'étais réellement autorisé à l'imaginer, à lui construire une identité physique fantasmée.

Je n'ai pas pu savourer bien longtemps mon bonheur, car quelque temps plus tard, on s'est rendu compte que je perdais anormalement du sang. Des heures se sont écoulées, et les saignements ne s'estompaient pas. En urgence on m'a donc pratiqué une révision utérine. D'une certaine manière, le choc et la violence symbolique de cet acte supplantent en intensité dans mon souvenir l'accouchement. J'ai pris conscience une fois sortie de la maternité que l’hémorragie en début d'accouchement et surtout ultérieurement auraient pu avoir une issue dramatique dans d'autres circonstances, dans un autre pays ou avec une autre équipe médicale.

Je suis contente de n'avoir pas spécialement fantasmé mon accouchement, car le choc, la déception auraient pu être phénoménaux!

Aujourd'hui, je tiens mon petit prince dans mes bras. Tout n'est pas rose. Il y a encore énormément d'incertitudes quant à son état de santé, mais je suis comblée ( de fatigue, doutes, uestionnements) par la joie d'être tout simplement maman.